EHP à l'école

Avoir un  HPI est une CHANCE et augmente la chance de réussite dans ses études !

Si nombre d’entre eux suit un parcours tout droit, voire brillant, d’autres EHP peuvent rencontrer des obstacles. Il s’agira de les accompagner.  Les EHP font partie des EBEP, élèves à besoins éducatifs particuliers. Avoir un  HPI est une CHANCE et augmente la chance de réussite dans ses études ! 

 

L’EHP n’est donc pas un « super-élève » par défaut, mais un élève qui peut avoir besoin d’un accompagnement spécifique, en raison de son fonctionnement cognitif particulier et parfois de troubles associés.

HPI : une chance, certes, mais pas un passe-droit 

Avoir un haut potentiel est incontestablement une chance, car il est souvent corrélé à une capacité d’apprentissage rapide, à une grande curiosité intellectuelle, et à une pensée créative. Cela peut augmenter les chances de réussite dans les études, si les conditions pédagogiques sont adaptées et si l’élève ne présente pas de difficultés associées.

La fameuse règle du « un tiers en réussite, un tiers en difficulté, un tiers en grande difficulté » concernant les EHP est souvent citée. Pourtant, elle est de plus en plus remise en cause par les travaux de chercheurs comme Nicolas Gauvrit (mathématicien et psychologue) ou Franck Ramus (cognitiviste au CNRS). Ces derniers rappellent que les EHP ne forment pas un groupe homogène, et que la perception d’un grand nombre d’EHP en échec scolaire est largement influencée par un biais de surdétection. 

En effet, les EHP qui présentent des troubles (dyslexie, TDAH, troubles anxieux,  TSA etc.) sont plus souvent repérés, car leurs difficultés scolaires interrogent. À l’inverse, les EHP sans trouble peuvent passer sous les radars et ne jamais être identifiés. Cela fausse la représentation : on a l’impression qu’un grand nombre d’EHP va mal… parce que ce sont justement ceux-là qu’on détecte.

Ainsi, selon les études les plus récentes, la majorité des EHP ne sont ni en échec scolaire, ni en souffrance majeure. Ils réussissent bien, à condition que leur environnement scolaire leur permette de nourrir leur appétit intellectuel, d’exprimer leur créativité, et de trouver un espace de compréhension.

Mon enfant s'ennuie à l'école

Accompagner un EHP, c’est lui offrir un cadre à la fois souple, stimulant et respectueux de son rythme singulier. Cela passe par une différenciation pédagogique, qui propose des activités de niveaux variés, adaptées non seulement à ses compétences mais aussi à sa manière de penser, souvent créative et non linéaire. Il est également essentiel de varier les modalités d’apprentissage, en alternant supports visuels, auditifs, manipulables ou numériques, en valorisant les projets, et en proposant des tâches à plusieurs entrées pour nourrir l’exploration. 

La mise en place d’un plan de travail favorise quant à elle l’autonomie en permettant à l’élève de gérer son rythme et de visualiser ses objectifs. Cette autonomie peut être renforcée par l’accès à des ressources en libre consultation, accompagnées de systèmes d’autocorrection, qui encouragent l’autoévaluation et la responsabilisation. En parallèle, il est judicieux de proposer des exposés ou projets personnels, afin de canaliser la curiosité naturelle de l’enfant et de nourrir son besoin de creuser certains sujets en profondeur. Enfin, un accompagnement de qualité repose sur une collaboration étroite entre l’élève, sa famille et l’enseignant(e) : en discutant des appétences de l’enfant et de ce qu’il est possible de mettre en place dans la classe, on construit ensemble un parcours personnalisé, dans une logique de coéducation respectueuse et bienveillante.

Faut-il en parler à l’enseignant ?

Faut-il en parler à l’enseignant ? annonce comme une pression, une forme d’élitisme, voire une contestation implicite de leur autorité pédagogique.

Il faut donc peser le pour et le contre, selon le contexte, les personnes, et la manière dont on présente les choses. Parfois, il vaut mieux parler en termes de besoins éducatifs spécifiques ou de profils cognitifs particuliers que de "haut potentiel", surtout dans des environnements scolaires peu sensibilisés à ces questions. (pas toujours si simple selon les écoles et la connaissance du HPI des enseignants …) 

La question est centrale… et la réponse n’est pas si simple. Dans certaines écoles, bien formées à la question du haut potentiel, l’enseignant saura accueillir l’information avec bienveillance et adapter ses pratiques (différenciation, enrichissement, attention au bien-être émotionnel). Mais ailleurs, la connaissance du HPI peut être très variable.

Les aides institutionnelles sont explicitées dans le  VADEMECUM EHP 2019. 

Il a été conçu  par le groupe ministériel et regroupe de nombreux renseignements. Il est accessible à tous.  : https://eduscol.education.fr/1188/ressources-pour-la-personnalisation-des-parcours-des-eleves-haut-potentiel

Pourquoi et quand envisager un saut de classe

Si on envisage un passage anticipé, on peut tout d’abord  faire travailler l’élève au niveau de la classe supérieure en restant dans sa classe. Puis  faire un décloisonnement pour des  séances dans la classe de niveau supérieur. Si l'enfant y est à l’aise, cela permettra de de rassurer l’enfant, les enseignants et les parents, mais aussi de se faire des nouveaux copains, tout en gardant les anciens. Ce qui est important pour l’enfant..

La décision d’un passage anticipé dans une  classe d’un niveau supérieur se prend au troisième trimestre, lors d’un conseil des maîtres composé de la directrice ou du directeur, des  enseignants et membres du réseau d’aide spécialisé de l’école. Il peut parfois se faire en cours d’année.

« Le conseil des maîtres peut prononcer au maximum un saut de classe durant la scolarité de votre enfant en école primaire (maternelle et élémentaire). Exceptionnellement, il peut prononcer un 2e saut de classe après avis de l'inspecteur de l’Éducation nationale. » https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32111

Bien que certaines classes soient plus propices au saut de classe, comme le CE2, quelques fois le CP, voire la 6ème, il est possible de  faire un passage anticipé (appelé saut de classe) pour n’importe quelle classe.

Il ne faut pas oublier la maturité de l’élève, sa sociabilisation, son intégration sociale, qui sont primordiales.

La psychologue scolaire fera une observation en classe.

Un bilan psychométrique attestant d’un haut quotient intellectuel ne suffit pas.

Un enfant à Haut potentiel testé  ne sautera pas forcément une classe. Un enfant non testé  peut sauter une classe si besoin. Le test de QI est un indicateur. 

La maternelle

Les EHP peuvent être repérés dès la maternelle grâce à leur rapidité de compréhension, leur curiosité se manifestant par un questionnement intensif, et par conséquent, l’assimilation d’une grande quantité de connaissances.

L’école maternelle est fondamentale. Tout en respectant leur rythme biologique, elle répond aux besoins des enfants « de jeu, de mouvement, de repos et de découvertes ».

Et elle permet la socialisation, l’intégration, le développement de la personnalité, l’empathie, la tolérance.

Ambitieuse, elle vise des apprentissages fondamentaux surtout à travers des expériences sensorielles, motrices, cognitives, ludiques ou créatives, stimulant l’imaginaire, la création et la curiosité et à travers des résolutions de problèmes et des échanges socio-constructifs..

Si un mal-être ou de l’ennui, avec un grand décalage avec les autres enfants, est repéré, un passage anticipé au CP peut être proposé. Mais dans la majorité des cas, une différenciation ou des aménagements suffisent.

En maternelle, il est aisé de stimuler les EHP avec une difficulté supplémentaire, des défis, la créativité en construction ou arts plastiques, des activités autonomes ou supplémentaires, mais volontaires.

Les classes à horaires aménagés

Une des solutions pour scolariser un enfant EHP et éviter l’ennui,  est de se tourner vers les classes à horaires aménagés (musique, chant, théâtre, danse, arts plastiques).

Pourquoi vers ces classes?

Tout simplement parce qu'elles intègrent dans un temps scolaire adapté, un enseignement artistique de très bonne qualité et qui couvre le programme obligatoire du primaire à la fin du collège voire jusqu’en terminale. 

Dans un rythme épanouissant, car aménagé, l'enfant peut prendre goût à développer ses appétences pour les matières qu'il aime en étant entouré de ses camarades avec qui il partage aussi la fréquentation d'une institution culturelle et la découverte de matières différentes de l'école.

Et c'est ensemble que les élèves partagent cette exploration de l'art, qu'ils en parlent, se soutiennent, s'encouragent et développent un langage commun. Les élèves grandissent vraiment ensemble et cette approche crée une vraie solidarité entre eux.

Cette cohabitation scolaire et artistique semble donner de très bons résultats: 95% de réussite au baccalauréat avec des parcours professionnels très variés.

L'admission se fait sur dossier.

Les candidatures sont examinées pour le CE1. Mais si l'envie d'intégrer ces classes, arrive plus tard, il est toujours possible de faire la demande.

La liste des écoles est visible sur le site de l'inspection académique du département.

L'origine sociale et géographique n'a aucune importance. Le plus important est la motivation. 

On peut aussi opter pour une classe internationale qui pourra enrichir le cursus de l’élève et maintenir son intérêt pour les apprentissages.

Les types d'école

École publique. gratuite. Elle  suit les programmes officiels.

École privée sous contrat payante.Tarif accessible.  Elle suit les programmes officiels.   

École privée hors contrat. Payante et très chère. Elle n’est pas obligée de suivre les programmes ministériels. Il est important de connaître le contenu de l’enseignement. Attention, les promesses sont parfois décevantes.

L’IEF. Instruction en famille.

Dans le système scolaire public, les élèves à haut potentiel intellectuel (HPI) peuvent bénéficier de diverses aides institutionnelles et d'aménagements spécifiques afin de favoriser leur épanouissement scolaire. Parmi ces mesures, on retrouve la mise en place de parcours pédagogiques adaptés, tels que des classes à projets spécifiques, l'enrichissement des contenus ou l'accélération du cursus via des sauts de classe. Les équipes éducatives peuvent également élaborer des projets personnalisés de scolarisation (PPS) ou des plans d'accompagnement personnalisés (PAP) pour répondre aux besoins particuliers de ces élèves. De plus, la formation des enseignants à la détection et à la prise en charge des élèves HPI est encouragée, afin d'assurer un environnement d'apprentissage stimulant et bienveillant.

Les difficultés d'orientation

Difficultés d’orientation du jeune adulte= Mon enfant ou moi jeune adulte,  a le bac ou va le passer. il ne sait pas choisir sa voie, parfois a tenté une formation puis l’a quittée et cherche sa voie. 

Pourquoi cette difficulté est-elle fréquente chez les jeunes HPI ? 

Les jeunes adultes à haut potentiel intellectuel (HPI) peuvent rencontrer des obstacles spécifiques dans leur parcours d’orientation. Non, ce n’est pas qu’ils sont "trop intelligents pour ce monde", mais :

  • Ils ont souvent de nombreux centres d’intérêt : choisir, c’est renoncer — une perspective douloureuse.

  • Ils perçoivent vite l’incohérence ou la superficialité de certaines formations ou métiers.

  • Ils ont un besoin de sens élevé : suivre une voie juste "parce qu’il faut bien faire quelque chose", très peu pour eux.

  • L’ennui ou la frustration cognitive peuvent les pousser à décrocher rapidement.

  • L’anxiété de performance ou de perfection peut les paralyser : si ce n’est pas "LE bon choix", alors autant ne rien faire.

  • Chez certains jeunes HPI, des troubles neurodéveloppementaux ou psychologiques peuvent coexister : TDAH, troubles DYS, anxiété, dépression masquée, hypersensibilité émotionnelle, voire TSA. Ces profils dits "à double exceptionnalité" (ou 2E) peuvent masquer ou amplifier les difficultés d’orientation. L’indécision, la fatigue mentale, les décrochages ou les blocages ne sont alors pas des caprices, mais des signaux à écouter. Un diagnostic global et une prise en compte de toutes les facettes du jeune sont essentiels pour l’accompagner sereinement.

 

Que faire ? Des pistes concrètes :

1. Ralentir pour mieux partir

Faire une pause n’est pas un échec : c’est parfois une respiration nécessaire. Une année de césure bien pensée peut être un tremplin.

2. Mieux se connaître

Accompagner le jeune dans une exploration de ses valeurs, besoins, sources de motivation profondes. Des bilans d’orientation spécialisés HPI, des séances de coaching ou d’accompagnement en neuroéducation peuvent aider à clarifier ses aspirations.

3. Explorer sans se figer

Favoriser les expériences courtes mais variées : stages, services civiques, bénévolat, MOOC… Cela permet d’expérimenter sans s’enfermer.

4. Se libérer du mythe de la vocation unique

La vie professionnelle n’est plus linéaire : un HPI peut très bien changer de voie plusieurs fois, et même en tirer une richesse. Construire une identité professionnelle plurielle est un atout, pas un bug.

5. S’autoriser l’imperfection

Faire un "choix pas parfait mais testable", c’est souvent mieux que rester figé. Le cerveau apprend par l’action, pas par la rumination.

Le hors temps scolaire . Il y a une vie hors de l’école !

Favoriser les activités extrascolaires

Favoriser les activités extrascolaires afin que le cerveau de votre enfant soit “ nourri”. L’apprentissage de la musique et du solfège par exemple lui permet de se confronter à des complexités qu’il ne rencontrera peut-être pas lors de ses apprentissages à l’école. Un EHP a besoin d'être confronté à des apprentissages complexes sinon il a rapidement tendance à se considérer comme “nul” car tout lui semble trop simple. Toutes les activités extrascolaires sont intéressantes (sport, échecs, théâtre…). Le mieux est de questionner ses centres d'intérêt avant de choisir. De plus, cela peut lui permettre de rencontrer des camarades hors de l’école, avec qui il partagera peut-être plus d’affinités. Il peut avoir envie de varier ses activités lorsqu’il en a fait le tour. S’il trouve une passion, elle contribuera à son équilibre psychologique. varier les activités est fréquent.

Le rôle des parents. L’accompagnement scolaire

La méthodologie organisationnelle. 

Il est important de l’aider à s’organiser pour la gestion du matériel scolaire.. Apprendre à gérer le contenu du cartable. Attention à l’entrée au collège. Gérer chaque matière et le matériel qui s’y rapporte mérite un accompagnement. Après cet apprentissage, il sera autonome.

La méthodologie dans ses apprentissages

 Un EHP peut penser savoir car il a compris la notion, souvent avant les autres. 

Même pour un EHP, mémoriser ses connaissances, ce n’est souvent pas simple.

D’abord, travailler la compréhension de la leçon. On peut aussi aller plus loin en faisant des recherches livresques ou sur le net. 

Mais il faut aussi apprendre et mémoriser afin de retenir ses leçons et  pouvoir redire, réutiliser ses nouvelles connaissances. un parent peut questionner  après mémorisation. 

Parents, 20 ans après un apprentissage, si vous l’aviez compris, vous le retrouverez. Ce que vous avez appris par cœur, ne reviendra pas sans la compréhension. 

 

L’autonomie découlera d’une bonne méthodologie

Droit à l'erreur

La confiance en soi est à construire. Il est important de valoriser votre EHP. Il a le droit à l'erreur comme tous les enfants.

Mon enfant a des difficultés scolaires et décroche :

Afin d’identifier la cause, un rendez-vous avec le ou les enseignants est souhaitable . Il peut être utile de faire un bilan par un neuropsychologue afin de vérifier l’absence de trouble. Il vous permettrait d’écarter cette piste. Si un trouble est mis au jour, une prise en compte de ses spécificités permettra une adaptation  dans le cadre scolaire et si besoin un suivi extérieur en fonction des besoins.

Si la difficulté apparaît pour l’ EHP, que faire ? Quels  accompagnements ? 

Les aides institutionnelles sont explicitées dans le  VADEMECUM EHP 2019. 

Il a été conçu  par le groupe ministériel et regroupe de nombreux renseignements. Il est accessible à tous.  :https://eduscol.education.fr/1188/ressources-pour-la-personnalisation-des-parcours-des-eleves-haut-potentiel

Les troubles

Le TDAH : 

Les EHP, comme tous les élèves  peuvent présenter un Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDA/H). En France, la prévalence est estimée de 3,5 à 5,6%

Si l’hyperactivité se remarque facilement avec beaucoup d’agitation et d’impulsivité, le TDA/H sans hyperactivité passe plus inaperçu. Mais le manque de concentration peut se remarquer et occasionner des difficultés récurrentes :   avec des oublis,pertes d’objets, rêverie, de la procrastination, un manque d’organisation, qui peuvent être attribués à tort à de la fainéantise ou un manque de volonté.

Les efforts d’adaptation sont coûteux en énergie et occasionnent une grande fatigue, surtout en fin de journée. Cette fatigue peut rendre irritable et accentuer les symptômes.

Le TDA/H peut s’atténuer par une bonne hygiène de vie et des techniques d’organisation, voire un traitement médicamenteux dans certains cas.

Ce trouble peut gêner l’expression du haut potentiel.Il est important de ne pas culpabiliser l’enfant et le rassurer sur ses capacités et l’aide qu’on va lui apporter.

 

https://www.tdah-france.fr/IMG/pdf/amenagements.pdf?455/659be95361af8a841d39c365da1f03cd523202

Les troubles "DYS"

Les troubles "DYS" regroupent un ensemble de troubles cognitifs spécifiques qui affectent l’apprentissage, sans lien avec un déficit intellectuel ni un manque de stimulation. Il arrive que des EHP présentent également un ou plusieurs troubles des apprentissages dits « DYS » : on parle alors de double exceptionnalité. Ce double profil peut rendre la détection plus complexe, car le potentiel de l’enfant peut masquer ses fragilités… et inversement. Par exemple, un EHP dyslexique peut compenser ses difficultés de lecture par une mémoire exceptionnelle ou une compréhension fine du contexte, donnant ainsi l’impression d’un élève simplement "inattentif" ou "irrégulier". À l’inverse, un trouble DYS mal pris en compte peut freiner l’expression du haut potentiel, créer de la frustration, voire de l’échec scolaire malgré des capacités très élevées. Ce type de profil demande une lecture fine et individualisée : il ne s’agit pas de chercher la performance, mais de comprendre comment l’élève apprend, contourne, compense. Une évaluation neuropsychologique permet souvent d’éclairer ce fonctionnement complexe. L’objectif éducatif, ici plus que jamais, est d’articuler bienveillance, aménagements et valorisation des talents spécifiques, pour que l’élève puisse avancer sans se sentir en décalage permanent, ni dans l’un de ses deux pôles.

 Parmi eux: 

La dyslexie est sans doute le plus connu : il s’agit d’un trouble durable de l’acquisition de la lecture et de l’orthographe, qui rend le déchiffrage des mots lent et laborieux. N'hésitez pas à consulter un.e orthophoniste.

La dyscalculie, quant à elle, concerne les apprentissages numériques et logico-mathématiques; l’enfant a des difficultés à manipuler les chiffres, à comprendre les opérations ou à se repérer dans l’espace des nombres. La dysphasie est un trouble du langage oral : elle affecte la compréhension et/ou l’expression verbale, rendant la communication parfois très difficile. N'hésitez pas à consulter un.e orthophoniste.

La dyspraxie, ou trouble développemental de la coordination, impacte les gestes moteurs et la planification des mouvements : l’élève peut avoir du mal à écrire, découper, s’organiser dans l’espace ou suivre des consignes complexes. À ces troubles peuvent s’ajouter d’autres profils. N'hésitez pas à consulter un.e psychomotricien.

La dysgraphie (trouble de l’écriture manuscrite) N'hésitez pas à consulter un.e ergothérapeute.   

La dysorthographie (difficulté à intégrer les règles de l’orthographe grammaticale). Ces troubles peuvent coexister, rendant la situation encore plus complexe. Ils nécessitent une reconnaissance, un accompagnement adapté et une bienveillance constante pour permettre à l’élève de contourner les obstacles et de mobiliser ses compétences autrement. N'hésitez pas à consulter un.e orthophoniste.

Le TSA

Les enfants à haut potentiel intellectuel (HPI) présentant un trouble du spectre de l'autisme (TSA) possèdent des caractéristiques uniques qui rendent leur parcours de développement et d'apprentissage particulièrement complexe. Leur intelligence supérieure peut masquer certains signes de l'autisme, rendant le diagnostic plus difficile. Ces enfants montrent souvent une grande curiosité intellectuelle, une mémoire exceptionnelle et des intérêts spécifiques très développés, tout en rencontrant des défis dans la compréhension des codes sociaux, la gestion des émotions et les interactions interpersonnelles. Il est essentiel d'adopter une approche éducative individualisée, combinant des stratégies adaptées à la fois à leur haut potentiel et à leurs besoins spécifiques liés au TSA, afin de favoriser leur épanouissement personnel et académique.

Les enfants à haut potentiel intellectuel qui présentent également un trouble associé tels que le TSA ou le TDA/H sont appelés « twice exceptionnal » (= « doublement exceptionnels » en français). Ils peuvent bénéficier d’aides de la MDPH pour leur TSA.

La MDPH

MDPH

Une reconnaissance auprès de la Maison Départementale pour les Personnes Handicapées (MDPH), grâce à un diagnostic, permet à l’élève ou l’étudiant de bénéficier d’un tiers-temps supplémentaire pour les épreuves écrites lors de sa scolarité et les épreuves d’examens.

Par ailleurs, la prise en compte de ce trouble permet de préserver l’estime de soi, qui peut s’en trouver sérieusement affectée par les jugements.

 

Parler des différents dispositifs possibles : PPRE EHP, PAP, PPS : https://eduscol.education.fr/1188/ressources-pour-la-personnalisation-des-parcours-des-eleves-haut-potentiel

Les élèves atteints de Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA) présentent des spécificités qui peuvent varier d’une personne à l’autre, mais certaines caractéristiques communes peuvent être identifiées et des aménagements scolaires peuvent être mis en place. 

 

Mon enfant a des difficultés...

... relationnelles

Le HPI est considéré comme une neuroatypie. EHP ne va donc pas forcément saisir les subtilités sociales de manière spontanée. Très souvent les EHP ont un sens aigu de la justice et une sensibilité exacerbée. Leur réactions face à des situations banales peut surprendre leurs camarades et déclencher moqueries ou rejets. (Par exemple pleurer si un autre enfant écrase volontairement un insecte). Le rôle des parents est primordial pour expliquer à l’enfant que son mode de lecture du monde n’est pas le même pour tous. L'enfant en bas âge croit évidemment que tout le monde pense comme lui. Le fait de nommer  les choses et d’expliciter les situations permet à l’enfant de mieux comprendre les réactions des autres et de “minimiser” certaines réactions des neurotypiques afin d’éviter de trop se démarquer, notamment dans la cour de l’école. (Évidemment, à la maison ou en présence de personnes de confiance il faut laisser à l’enfant toute liberté d'être lui-même. )

 

En cas de persistance des difficultés relationnelles, si l’enfant en souffre (ce qu’il n'est pas toujours le cas), une prise en charge par un psychologue, optimalement spécialisé dans le HPI,  peut être adaptée afin de lui permettre de comprendre l’origine des difficultés et comment y remédier. Certains enfants sont parfois très soulagés quand ils comprennent que leur souci n’est pas lié à leur comportement ou leur manière de penser mais du gap qui sépare leur manière de voir le monde par rapport à la manière de voir le monde de leurs camarades. 

Le psychiatre Dr Olivier REVOL conseille aux EHP de “mener l'enquête en classe “: statistiquement il est probable qu’il existe un autre EHP dans la classe : à lui de le trouver. Et pourquoi pas essayer de devenir amis? 

... comportementales

Il peut arriver qu’un EHP manifeste des difficultés de comportement, et cela ne remet en rien en question ses capacités intellectuelles. Au contraire, ces comportements peuvent être l’expression d’un décalage entre ses compétences cognitives et sa maturité émotionnelle, ou encore le signe d’un mal-être à l’école, où il ne trouve pas toujours un environnement adapté à ses besoins. Certains EHP peuvent faire preuve d’opposition, de provocation, d’impulsivité, ou encore de repli sur soi. Cela peut être lié à l’ennui, à une hypersensibilité, à un perfectionnisme anxiogène, ou à une frustration récurrente lorsqu’ils ne sont pas compris. Parfois, ces comportements masquent aussi des troubles associés (TDAH, troubles anxieux, DYS…), d’où l’importance d’une évaluation pluridisciplinaire si les difficultés persistent. Il est essentiel de ne pas réduire l’enfant à son comportement, mais de chercher à en comprendre la cause profonde. L’écoute, la bienveillance, la mise en place de repères sécurisants, ainsi qu’un dialogue constructif entre famille et école, peuvent faire une grande différence. Un enfant EHP a besoin qu’on reconnaisse son fonctionnement particulier, qu’on valorise ses forces tout en l’aidant à apprivoiser ses émotions et à développer des habiletés sociales. Avec un accompagnement adapté, ce qui pouvait sembler un "problème de comportement" peut devenir une formidable occasion de croissance.

... d'intimidation ou de harcèlement

Les enfants à haut potentiel intellectuel (HPI) peuvent être plus vulnérables à l’intimidation et au harcèlement scolaire en raison de leur sensibilité accrue, de leur décalage avec leurs pairs ou encore de leur manière parfois atypique d’interagir avec les autres. 

Laetitia: Il a été démontré que la pratique d'activités extrascolaires limitait l’impact du harcèlement sur les enfants. Le fait d’avoir des amis dans un autre cercle que celui de la cour de récré limite l’impact d’une remarque négative ou blessante. (Exemple: “Théo m’a dit que j’étais moche, je m’en fiche à la gym toutes les filles trouvent que c’est moi qui fait le mieux le grand écart”.)  Le fait d’avoir des centres d'intérêts dans lesquels ils peuvent se plonger si leur moral est bas (pratique de la musique, d’un sport, d’un art , de la cuisine…etc) permet également de limiter cet impact. Il est donc bénéfique que votre enfant partage des moments avec d’autres enfants que ceux rencontrés à l’école.

Quels sont les signes ?

Votre enfant peut ne pas verbaliser directement son mal-être. Soyez attentif à certains signes comme une anxiété accrue avant d’aller à l’école, des troubles du sommeil ou de l’appétit, une baisse soudaine des résultats scolaires, un isolement social, des maux de ventre ou de tête fréquents sans cause médicale apparente.

Que puis-je faire ?

Créez un climat de confiance pour lui permettre d’exprimer ce qu’il ressent. Posez-lui des questions ouvertes comme "Comment se passent tes journées à l’école ?" ou "As-tu des amis avec qui tu te sens bien ?", écoutez sans minimiser ses émotions et rassurez-le sur votre soutien. Aidez-le à verbaliser ce qu’il vit et ce qu’il ressent.

La lecture avec lui d’ouvrages de son âge concernant d’autres enfants peut lui permettre aussi de prendre appui sur le livre pour vous exprimer son mal être. (“Moi aussi tu sais je vis un peu la même chose”).  Prendre l’habitude de lire ensemble des livres variés, et de garder un petit temps de discussion juste après (“Et toi, tu en penses quoi de cette situation? Tu aurais fait comment?”),  peut être une bonne habitude pour ouvrir le dialogue sur des sujets que vous n’osez pas spontanément aborder.

Encouragez votre enfant à pratiquer des activités où il se sent valorisé comme le sport, l’art ou les sciences. Mettez en avant ses forces et ses qualités et aidez-le à développer des stratégies pour répondre aux attaques sans se sentir dévalorisé.

Un psychologue ou un coach spécialisé peut aider votre enfant à gérer ses émotions et à renforcer sa confiance en lui. Rejoindre des groupes de soutien ou des associations dédiées peut lui permettre d’échanger avec d’autres enfants dans la même situation.

Si la situation ne s’améliore pas malgré les démarches entreprises, envisager un changement d’établissement peut être une solution à considérer pour préserver son bien-être.

Comment l’école peut agir : 

Prenez contact avec l’enseignant, le CPE ou la direction pour leur signaler la situation. Demandez quelles mesures peuvent être mises en place pour protéger votre enfant et assurer un suivi régulier avec l’équipe éducative.

Le dispositif pHARe (Plan de prévention du Harcèlement à l'École) est un programme mis en place par l'Éducation nationale pour lutter contre le harcèlement scolaire. Il repose sur la sensibilisation des élèves et du personnel éducatif, la formation des équipes pédagogiques, la mise en place d’élèves ambassadeurs et l’accompagnement des victimes. Renseignez-vous auprès de l’établissement de votre enfant pour savoir s’il est intégré à ce dispositif et quelles actions concrètes peuvent être mises en place pour l’aider.

Le harcèlement scolaire est puni par la loi. En cas de harcèlement avéré, il est possible de porter plainte et   de solliciter l’aide d’organismes spécialisés comme des associations de lutte contre le harcèlement ou les défenseurs des droits de l’enfant.

N’oubliez pas que vous n’êtes pas seuls. En tant que parent, votre rôle est essentiel pour accompagner votre enfant et lui donner les outils pour surmonter cette épreuve. Votre soutien, votre écoute et votre action peuvent faire toute la différence.

... de phobie scolaire

La phobie scolaire est un trouble anxieux qui peut toucher les enfants à haut potentiel intellectuel (EHP), les empêchant d'aller à l'école en raison d'une peur intense. Ce guide vise à informer et soutenir les parents dans l'accompagnement de leur enfant face à cette difficulté.

Comprendre la phobie scolaire :

 La phobie scolaire est une peur intense et irrationnelle de l'école, qui peut se manifester par des symptômes physiques (maux de ventre, pleurs, crises d'angoisse) et un refus catégorique d'aller à l'école. Les symptômes peuvent varier d'un enfant à l'autre, mais incluent souvent des maux de ventre, des pleurs, des crises d'angoisse et un refus de se rendre à l'école.

Il est important de distinguer la phobie scolaire d'un simple refus passager d'aller à l'école. La phobie scolaire est une peur profonde et persistante, tandis que l'école buissonnière est un comportement intentionnel pour éviter l'école.

Phobie scolaire et haut potentiel intellectuel : 

Les enfants EHP peuvent être plus sujets à l'anxiété et à la phobie scolaire en raison de leur sensibilité accrue, de leur perfectionnisme et de leur besoin de stimulation intellectuelle. Plusieurs facteurs peuvent déclencher la phobie scolaire chez les enfants EHP, tels que le stress, la pression scolaire, les difficultés relationnelles et l'ennui en classe. Repérer les signes de la phobie scolaire :

Les changements d'humeur, l'isolement, les plaintes somatiques récurrentes et le refus d'aller à l'école peuvent être des signes de phobie scolaire. Il est essentiel d'établir un dialogue ouvert et bienveillant avec l'enfant pour comprendre ses peurs et ses difficultés.

Stratégies d'accompagnement :

Mettre en place une routine rassurante, offrir un espace de parole et valoriser les réussites de l'enfant peuvent l'aider à se sentir plus en sécurité. Enseigner à l'enfant des techniques de respiration, de relaxation et de gestion du stress peut l'aider à faire face à ses peurs. Travailler en étroite collaboration avec les enseignants et le personnel éducatif est essentiel pour mettre en place un accompagnement adapté aux besoins de l'enfant.

Quand et comment consulter :

Les psychologues, pédopsychiatres et thérapeutes spécialisés peuvent aider à diagnostiquer et à traiter la phobie scolaire. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et les thérapies familiales sont souvent recommandées pour traiter la phobie scolaire.

Ressources et lectures complémentaires : 

(APS)  (Association Phobie Scolaire https://phobie-scolaire.org/ 

De nombreux livres et articles peuvent vous aider à approfondir vos connaissances sur la phobie scolaire et l'accompagnement des enfants EHP.

La phobie scolaire : Comment aider les enfants et adolescents en mal d'école ?" - Marie-France Le Heuzey
Cet ouvrage explore les différentes situations qui induisent la phobie scolaire et fournit des stratégies pour aider les enfants et leurs familles à faire face à cette problématique.
La phobie scolaire : Comprendre pour agir" - Stephan Valentin
Ce livre offre des clés pour identifier et comprendre la phobie scolaire, avec des ressources et des conseils concrets pour les parents, professeurs et éducateurs.
La phobie scolaire : la détecter, la combattre, l'apprivoiser" - Capucine et Alexandre Ployé
Un guide pratique qui éclaire sur le quotidien des enfants souffrant de phobie scolaire, avec des témoignages et des solutions pour apprivoiser ce trouble.

https://www.journaldesfemmes.fr/maman/enfant/1977276-la-phobie-scolaire-chez-les-enfants-doues/

chronique d’Arielle Adda

Les associations et les groupes de soutien peuvent vous offrir un espace d'échange et de partage avec d'autres parents. Lire des témoignages de parents ayant vécu une situation similaire peut apporter un soutien émotionnel et des conseils pratiques.

La phobie scolaire est un défi, mais avec une compréhension et un soutien adaptés, il est possible d'aider votre enfant à surmonter cette difficulté. N'hésitez pas à vous entourer de professionnels et de ressources pour vous accompagner dans cette démarche.